Publié le 26
novembre 2025 par Laurent PAITA.
Temps de
lecture : 4 minutes.

Portrait d’experte : Aurélie ROCAMORA
Le Club Open Innovation de Digital League fédère les responsables innovation des PME, ETI et grands groupes de la Région. A travers une série de portraits, découvrez les Hommes et les Femmes qui innovent et transforment leurs organisations. Ils partagent leurs enjeux, leurs visions de l’innovation mais aussi et surtout pourquoi ils ont rejoint le Club Open Innovation.
Chez EVERIAL, la gestion de l’information n’est pas qu’une affaire de documents : c’est un levier de performance et de transformation. Aurélie ROCAMORA, qui pilote l’innovation, le marketing et la communication, relie au quotidien R&D, produit et usages clients. Elle nous parle d’ouverture, d’itération… et de créativité à l’ère de l’IA.
Laurent PAITA : Peux-tu nous présenter rapidement EVERIAL et ton rôle au sein de l’entreprise ?
Aurélie ROCAMORA : Chez EVERIAL, nous gérons un "bien" souvent sous-estimé : l’information. Physique, numérique, sensible, métier. Nous opérons tout le cycle de vie documentaire, du stockage physique à la conservation électronique, jusqu’à l’exploitation intelligente des données dans les processus métier.
Nous adressons des secteurs exigeants — banque, assurance, industrie, secteur public, professions réglementées, RH — dans lesquels la cohérence entre sécurité, conformité, disponibilité et performance documentaire n’est pas un “plus”, mais un prérequis.
Mon rôle est d’orchestrer la chaîne complète : innovation, produit, marketing et communication, avec un objectif simple : transformer l’information en valeur opérationnelle.
Nous faisons évoluer nos briques historiques (capture documentaire, GED, archivage) vers une plateforme logicielle unifiée, capable de relier les contenus, les métadonnées, les événements, et les usages terrain.
Plus concrètement, nous transformons notre GED en une base de connaissances qui contextualise les données avec la volonté de les rendre actionnables dans les verticaux métier : assurance (gestion des sinistres), banque (KYC), RH (onboarding), industrie (traçabilité documentaire), secteur public (dossiers administratifs).
En parallèle, nous industrialisons une plateforme de capture, d’extraction et d’enrichissement qui détecte automatiquement les types de documents, qualifie les données et alimente en temps réel les workflows, les API et les applications clients.
Le fil conducteur est toujours le même : écouter l’usage, prototyper vite, confronter à la réalité, livrer des gains mesurables. Pas d’innovation cosmétique, pas de slideware.
LP : Qu’est-ce qui a motivé EVERIAL à rejoindre le Club Open Innovation ?
AR : L’ouverture, au sens large. Pas l’ouverture “corporate”, mais l’ouverture qui confronte et qui oblige à sortir de son silo.
L’ouverture qui fait bouger les lignes : des pairs qui viennent d’autres univers, qui challengent tes certitudes, qui posent les questions qui piquent un peu — mais qui font avancer.
J’y ai porté un projet d’expérimentation sur plusieurs mois. Il n’a pas atterri comme prévu, et c’est tant mieux : ce qu’on en a tiré a nourri d’autres pans de nos produits et de nos méthodes. On ne parle jamais assez de la valeur des projets qui « n’aboutissent pas » mais qui font progresser toute l’organisation.
J’ai aussi ouvert le COI à mes équipes : elles reviennent avec des formats d’ateliers, des dispositifs d’idéation, des benchmarks, des contacts… du concret, pas du vernis.
LP : Quels sont aujourd’hui les leviers les plus puissants pour innover chez EVERIAL ?
AR : L’alignement humain. Pas un grand discours vision. Pas du storytelling : du vécu, des arbitrages, et une culture commune entre R&D, produit, marketing et terrain.
Chez Everial, l’innovation n’est pas une fonction isolée : designers, PO, R&D, marketing travaillent ensemble très tôt. On pose l’usage, on prototype, on mesure, on jette parfois, on recommence. L’innovation est un rythme, pas un moment.
L’IA n’a de valeur que si elle réduit une friction métier, améliore un contrôle, fiabilise une donnée. Et seulement si les critères d’acceptabilité — qualité, explicabilité, conformité — sont tenus.
On ne fait pas d’IA « pour en faire ». On résout des problèmes. Partenaires, startups, clients, COI… l’innovation est un sport collectif. Une organisation fermée finit par optimiser son passé. Une organisation ouverte prépare son futur.
LP : Pourquoi recommanderais-tu à d’autres entreprises, même non-tech, de rejoindre le COI ?
AR : Parce que le COI travaille sur le “comment”. Pas sur les intentions, pas sur les slogans. Sur les méthodes, les retours d’expérience, les erreurs utiles, les cadres d’itération, les outils activables le lendemain matin.
Pour une entreprise
non-numérique, c’est un gain de temps énorme :
– dé-risquer les projets,
– s’approprier des méthodes éprouvées,
– comprendre ce qu’est vraiment une démarche innovation,
– et rencontrer des sparring partners qui n’ont pas d’agenda caché.
Et puis l’ambiance compte : ici, on partage vraiment. On repart avec des idées, des formats et de l’énergie — pas juste un powerpoint.
LP : Quelles thématiques ou tendances souhaiterais-tu explorer avec les autres membres du COI ?
AR : La créativité humaine à l’ère de l’IA : comment rester inventifs sans déléguer notre imagination aux outils ? Comment cultiver l’esprit critique dans des processus où l’IA propose vite, parfois trop vite ?
Je souhaite aussi relier accélération technologique et enjeux de durabilité, d’inclusion et de diversité : mettre l’innovation au service du long terme et de l’accès de tous.
Et puis il y a la transmission. Nous avons un rôle à jouer pour équiper les équipes, les jeunes, les métiers afin qu’ils gardent cette capacité à questionner, à comprendre, à expérimenter. La curiosité n’est pas un “soft skill” : c’est le moteur qui évite de reproduire le passé. À nous de la préserver, et de la rendre contagieuse.
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